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Le Dragon de Niort

Vers la fin du XVII ème s., les Marais de la Sèvres s'étendaient jusqu'au faubourg de Ribray et les abords de la porte St Jean étaient couverts de joncs et de plantes aquatiques.

Un monstre effrayant, venu s'y réfugier, sortait de jour comme de nuit pour enlever des enfants, des femmes et même des hommes.

Tous les moyens furent déployés pour le tuer, en vain.

La terreur était générale.

Enfin, un malheureux soldat nommé Jacques Alloneau, condamné à mort pour désertion, sollicita sa grâce et offrit pour l'obtenir de tuer le monstre.

Le gouverneur s'empressa d'accepter cette promesse.

Alloneau, protégé par une armure d'acier, s'avança vers l'antre du monstre.

Le dragon s'élança sur le soldat qui réussit à lui plonger profondément son couteau dans la gorge.

Le soldat crut la partie gagnée et ôta son masque.

Réunissant ses dernières forces, l'animal mordit son ennemi à la figure, introduisant dans les veines un venin foudroyant.

Le corps du dragon fut placé sur une charette et promené dans toute la ville.

Au soldat, on éleva un tombeau dans le cimetierre de l'hôpital Général. La pierre en représentait le combat avec le Dragon.

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Le champs aux étoiles

A Sainte Radegonde des pommiers, les terres étaient la propriété de la reine Radegonde, épouse de Clotaire 1er, roi des francs.

Ne supportant plus les crimes et frasques de la cour, elle décida de quitter son royal mari pour revenir dans ses terres thouarsaises... Mais le roi n'avait pas l'intention de laisser partir son épouse. Des soldats furent envoyés à ses trousses et la rattrapèrent près de Thouars.

Vêtue d'un riche manteau d'hermine constellé d'étoiles, Radegonde, voyant les sbires qui l'approchaient, demanda à Dieu de lui venir en aide.

Alors, un miracle sauva la reine : les pommiers courbèrent leurs rameaux pour cacher Radegonde aux soldats.

Echappant ainsi à ses poursuivants, la reine passa la nuit dans le verger, à la belle étoile.

Libre, elle quitta les lieux, abandonnant son manteau.

Depuis, les étoiles de cet habit royal remontent à la surface. Ce sont les restes du manteau de cette reine devenue Sainte, après avoir fondé le monastère de Sainte-Croix à poitiers, dont dépendait l'église et le prieuré de Pommiers.

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LE CURÉ DE PARTHENAY-LE-VIEUX

Un meunier passant une nuit devant l'église de Parthenay-le-Vieux, son mulet fait un écart et laisse tomber sa charge. Une fois à terre, les pochées ne se laissent plus relever, il semble qu'une force surnaturelle les cloue au sol. Le chasseron, sûr de ses bras, voit bien qu'il y a là quelque diablerie ; il tourne ses yeux vers l'église, en faisant le signe de la croix.

A son grand étonnement, le sanctuaire res­plendit de lumière, malgré l'heure avancée. Il entre, un prêtre en costume d'officiant, seul au pied de l'autel, semble attendre quelqu'un pour lui servir la messe. Notre homme se souvient qu'il a été jadis enfant de choeur, il s'offre et le sacrifice commence.

La messe dite, le meunier apprend. non sans effroi, que son curé n'a ni chair, ni os. C'est une âme qui sort du purgatoire et va maintenant au Ciel, où elle lui gardera une place. Le curé était mort devant une messe, et le bon Dieu l'avait condamné à venir toutes les nuits au pied de l'autel jusqu'à ce qu'un homme complaisant s'offrît à lui servir de sacristain. Il y avait bien longtemps que cela durait sans que personne se fût jamais présenté. Le Ciel, en envoyant un avertissement à un passant charitable, avait eu enfin pitié du pauvre prêtre. Puis l'âme s'envola au Ciel après avoir dit au meunier que le charme qui retenait ses pochées était détruit, et que désormais il pourrait les recharger sans peine (Raconté par Louis Grolleau en 1869).

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LA MANDRAGORE

La Mandragore ou Main de Gaure est un serpent représentant le diable, que l'on servait à table et que l'on déposait ensuite dans une boîte. Le soir, on plaçait à côté de lui une pièce de monnaie, et le lendemain matin, on en trouvait cieux.

Toutes les personnes qui s'enrichissaient passaient pour avoir une mandragore (on disait quelquefois une paulette). Quand le propriétaire de l'animal venait à mourir, un des enfants avait le droit d'en hériter, mais si personne n'en vou­lait, le serpent, après s'être mis clans le cercueil du mort, partait à la recherche de gens mieux disposés.

Quand on le voyait traverser les champs, il fallait chercher une serviette ou une nappe, l'étendre devant la bête ; alors, il se roulait et on l'emportait. Dans les cas pressés, il suffisait de placer un mouchoir sur son passage.

On cite encore dans le pays plusieurs mai­sons dont la fortune provient de la mandragore. On désigne même un endroit où le serpent s'était arrêté, et on entendait journellement ces mots :

« Qui retire la main de gaure sera heureux dans
ce monde et malheureux
dans l'autre «.

Au bout de quelque temps, on n'entendit plus rien : le serpent avait, sans doute, trouvé un nouvel asile.

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